« La Vie scolaire » : Grand Corps Malade et Mehdi Idr signent un film éducatif sur l'école

Mis à jour le 11/09/2019 à 10H08, publié le 28/08/2019 à 17H47
à partir de la quatrièmeGenre : Comédie dramatique
« La Vie scolaire » : Grand Corps Malade et Mehdi Idr signent un film éducatif sur l'école

© Laetitia Montalembert - Gaumont – Mandarin Production – Kallouche Cinéma

Image contenuSortie : 28 août 2019

 

Après Patients, sur l’univers hospitalier, Grand Corps malade retrouve son comparse Mehdi Idr pour un deuxième film, La Vie scolaire, cette fois consacré au monde de l’Education.

Les institutions s’avèrent le cheval de bataille du cinéma de Grand Corps Malade, slameur originaire de Seine Saint-Denis, passé à la réalisation. Après l’hôpital dans Patients, il signe avec son coréalisateur Mehdi Idr un film sur un collège en zone d’éducation prioritaire (ZEP), La Vie scolaire, sorti en salles le mercredi 28 août.

Complicité créatrice

Samia (Zita Henrot) débarque d’Ardèche à Saint-Denis (Seine Saint-Denis) pour prendre ses fonctions de conseillère principale d’éducation (CPE). Elle doit gérer des problèmes de discipline bien plus difficiles que ceux de ses postes précédents. Face à des têtes brulées, elle découvre leur vitalité et réparties, mais se reconnaît aussi dans leurs problèmes sociaux, pas si éloignés des siens, depuis son déménagement. Elle va aller à leur rencontre, s’y attacher, composer avec les professeurs qui l’entourent, pour les aider à construire leur futur.

On ne saurait trop dire quelle est la part de l’un, quelle est la part de l’autre, dans l’écriture et la réalisation de leurs deux films, puisque Grand Corps Malade et Mehdi Idr en cosignent toutes les étapes, sont complices depuis toujours et se côtoient tous les jours, selon leurs dires. On connaît mieux le premier pour ses albums de slam qui ont révélé un auteur aux textes ciselés, et un interprète à la voix et au flux reconnaissables entre tous. Une écriture dont la sensibilité se retrouve dans celle de Patients et aujourd’hui de La Vie scolaire.

Le fond et la forme

« La vie scolaire » désigne dans le jargon de l’éducation, le bureau du conseiller (conseillère) principal(e) d’éducation. C’est là que se règlent, entre autres, les problèmes de discipline, et d’une façon plus générale, ceux liés à la cohabitation entre élèves et administration ou professeurs. Samia est leur interlocuteur, leur médiateur, au cœur de tous les conflits. Grand Corps Malade et Mehdi Idr prennent à bras le corps ce sujet qui fait régulièrement la une de l’actualité et constitue une préoccupation dominante de la société française, s’agissant de l’éducation.

Leur film reflète une grande qualité d’observation comme découlant d’un vécu. La Vie scolaire se détache de la forme d’un docu-fiction en intégrant une part de romanesque dans le personnage de Samia. Une dimension qui justifie son empathie envers les élèves. Ce rapprochement entre adolescents et adultes déborde sur ses collègues lors d’une scène où les uns et les autres passent une soirée chacun de leur côté, mais où ils exécutent pratiquement les mêmes gestes. De fait, ils ne sont pas si différents que cela. C’est peut-être là que réside la clé de leur cohabitation et d’une communication rendues possibles.

De fait, La Vie scolaire reflète de belles qualités de cinéma dans l’usage d’une forme qui épouse le propos du film, par l’usage de travelings, de ralentis et d’effets de montage pertinents sans être soulignés. Tous les acteurs sont à leur place, non professionnels compris, et participent d’une entreprise commune visiblement enthousiaste.

Le film aurait toutefois gagné à être un peu raccourci, les situations ayant tendance à se répéter, alors que l’on a compris le propos et que les conclusions sont quelque peu téléphonées. Il n’en demeure pas moins la confirmation d’un duo de cinéastes qui traite avec talent de sujets majeurs de la société française de leur temps, tout en divertissant.

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